Episode n°7 : Le Périsprit et les mondes subtils... L’anatomie invisible de l’être humain
- Sylvie

- il y a 2 jours
- 4 min de lecture
Ce qui relie l’âme à la matière
Entre le corps que nous voyons et l’âme que nous pressentons, existe un espace intermédiaire. Un lieu subtil, invisible, mais essentiel. Une zone de passage, de lien, de mémoire.

Dans la pensée spirite, cet espace porte un nom : le périsprit.
Cette notion, développée notamment par Allan Kardec dans Le Livre des Esprits, permet de comprendre comment l’âme s’unit au corps, comment elle s’en détache au moment de la mort, et comment elle continue d’exister dans les mondes invisibles.
Aborder le périsprit, c’est franchir une étape décisive dans la compréhension de l’être humain comme être spirituel incarné.
1. L’être humain : plus qu’un corps
La pensée spirite repose sur une vision tripartite de l’être humain :
le corps, matériel, périssable ;
l’âme (ou esprit), principe intelligent et immortel ;
le périsprit, enveloppe subtile reliant les deux.
Cette conception permet de dépasser l’opposition simpliste entre matière et esprit. L’être humain n’est pas divisé, mais structuré. Chaque niveau joue un rôle précis dans l’expérience de la vie.
Le périsprit agit comme un interface vivant, comparable à un vêtement énergétique que l’âme revêt pour s’incarner et qu’elle conserve après la mort, sous une forme transformée.
2. Qu’est-ce que le périsprit ?
Le périsprit n’est pas une matière au sens physique, mais il n’est pas non plus une abstraction. Il est décrit comme une substance subtile, modelée à partir de l’environnement spirituel dans lequel l’âme évolue.
On pourrait le comparer à un corps de transition, plus fin que la matière, mais encore lié aux formes. C’est par lui que l’âme ressent, perçoit, agit.
Dans la vie incarnée, le périsprit :
transmet les sensations entre le corps et l’âme ;
conserve les traces émotionnelles et psychiques ;
influence l’état intérieur de l’individu.
Cette idée éclaire de nombreux phénomènes humains : les intuitions, les élans profonds, mais aussi certaines souffrances intérieures qui semblent dépasser le simple cadre physique.
3. Le périsprit et la mort
Au moment de la mort, ce n’est pas l’âme qui se dissout, mais le lien avec le corps qui se défait. Le périsprit joue ici un rôle central : il accompagne l’âme dans cette transition.
Selon la pensée spirite, la séparation n’est pas instantanée. Elle peut être douce ou difficile, selon l’attachement de l’individu à la matière, son état émotionnel, sa sérénité intérieure.
Le périsprit conserve alors la forme humaine, ce qui explique pourquoi les esprits se perçoivent souvent comme semblables à ce qu’ils étaient de leur vivant. Cette continuité facilite la prise de conscience dans l’au-delà.
Spirituellement, cette notion est profondément rassurante : rien ne se perd brutalement, tout se transforme.
4. Les mondes invisibles : une pluralité de plans
La pensée spirite ne décrit pas un au-delà unique et uniforme. Elle évoque au contraire une pluralité de mondes subtils, correspondant aux différents degrés d’évolution des âmes.
Ces mondes ne sont pas des lieux au sens géographique, mais des états vibratoires, des plans de conscience. L’âme y évolue naturellement, attirée vers les sphères qui correspondent à son état intérieur.
Le périsprit s’adapte à ces environnements. Il devient plus léger, plus lumineux à mesure que l’âme progresse. Ainsi, l’évolution spirituelle n’est pas abstraite : elle s’inscrit dans une transformation réelle de l’être.
Cette vision rejoint certaines intuitions mystiques et philosophiques du XIXᵉ siècle, où l’univers est perçu comme un ensemble de plans imbriqués, plutôt que comme une réalité unique et figée.
5. Mémoire, identité et évolution
Le périsprit joue également un rôle essentiel dans la mémoire de l’âme. Il conserve les expériences vécues, les apprentissages, les tendances profondes. Si la mémoire consciente peut être voilée lors d’une nouvelle incarnation, l’empreinte intérieure demeure.
Cette idée permet de comprendre la notion de progression spirituelle chère au spiritisme : l’âme n’est jamais remise à zéro. Elle avance, parfois lentement, parfois douloureusement, mais toujours avec un bagage intérieur.
Ainsi, les épreuves de la vie ne sont pas des punitions arbitraires, mais des opportunités d’évolution, inscrites dans une continuité invisible.
6. Une clé pour comprendre la médiumnité
Le périsprit éclaire également les phénomènes médiumniques abordés dans les articles précédents. C’est par l’intermédiaire de cette enveloppe subtile que les esprits peuvent interagir avec le monde matériel, et que certains médiums perçoivent leurs présences.
Cette interaction n’est ni magique ni surnaturelle. Elle repose sur des affinités vibratoires, sur une sensibilité particulière du périsprit du médium.
Comprendre cela permet de désacraliser la médiumnité sans la banaliser : elle devient une faculté humaine spécifique, nécessitant équilibre, discernement et responsabilité.
7. Une vision unifiée de l’existence
Avec la notion de périsprit, la pensée spirite propose une vision profondément cohérente de l’existence. La vie terrestre, la mort, l’au-delà et la réincarnation s’inscrivent dans un même mouvement, sans rupture brutale.
L’être humain n’est plus un corps jeté dans un monde absurde, ni une âme prisonnière de la matière. Il est un voyageur de conscience, traversant différents états pour apprendre, aimer et comprendre.
Cette vision redonne à chaque instant de la vie une valeur spirituelle, même dans les moments d’ombre.
Entre ciel et terre
Le périsprit est ce fil invisible qui relie le ciel et la terre, l’âme et le corps, le visible et l’invisible. En le reconnaissant, la pensée spirite ne cherche pas à expliquer l’inexplicable, mais à offrir une clé de lecture pour mieux comprendre l’expérience humaine.
Cette notion invite à une plus grande attention à notre vie intérieure, à nos pensées, à nos intentions, car tout ce qui nous traverse laisse une empreinte durable.
Dans le prochain article, nous poursuivrons ce chemin en abordant une idée centrale et souvent mal comprise : la réincarnation et la loi de progrès, comme dynamique d’évolution de l’âme à travers le temps.
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